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La liberté de la presse en chiffres — et ce que cela signifie pour toi sur place

Mis à jour:

Reporters sans frontières publie chaque année un indice de la liberté de la presse. Dans le classement européen, la Scandinavie, les Pays-Bas et l'Allemagne sont en tête, tandis que la Hongrie, la Pologne et la Bulgarie sont en retrait. Mais comment cela se traduit-il dans le quotidien d'un·e migrant·e qui s'informe politiquement, discute de politique à la terrasse d'un café ou poste des images d'une manifestation ? Voici deux facettes de la question.

Note que certains textes ont été traduits automatiquement depuis d'autres langues. Nous relisons ces traductions, mais nous ne pouvons pas garantir une exactitude absolue ni une stylistique parfaite dans toutes les langues.

Ce que le score de RSF mesure vraiment

Le World Press Freedom Index de Reporters Without Borders est la tentative la plus connue de traduire la liberté de la presse en un chiffre. Il combine cinq dimensions :

  • Indépendance politique des médias
  • Situation économique des groupes médiatiques (concentration, dépendance à la publicité publique)
  • Cadre juridique (lois sur la presse, règles de diffamation, protection des sources)
  • Conditions sociales (climat social, autocensure, haine et menaces)
  • Situation de sécurité pour les journalistes (agressions physiques, arrestations, meurtres)

Chaque pays obtient un score de 0 à 100 ; plus il est élevé, mieux c'est. Classement 2024 (pertinent pour l'UE) :

  • Top de l'UE : Norvège (~91), Danemark (~89), Suède (~88), Pays-Bas (~87), Finlande (~86)
  • Moyen-élevé : Allemagne (~84), France (~78), Belgique (~80), Espagne (~78)
  • Moyen : Pologne (~71, tendance à la hausse après la restauration de la liberté de la presse en 2024), Italie (~70)
  • Moyen-bas : Hongrie (~65), Roumanie (~65), Bulgarie (~62)
  • Mauvais : Grèce (~57)

Ce que mesure le score, ce n'est pas principalement ton quotidien en tant que migrant·e. Il mesure la sécurité des journalistes dans leur travail, l'indépendance des grands groupes médiatiques, l'influence politique sur les médias publics.

Comment cela se traduit dans ton quotidien — la face données

Dans les pays avec un score élevé de RSF, en tant que migrant·e, tu expérimenteras certaines choses que tu ne trouveras pas dans les pays avec un score bas :

  • Paysage médiatique pluraliste : Tu trouves différentes journaux quotidiens avec des lignes politiques différentes, sans qu'un seul ne domine le marché. Le journalisme d'investigation existe aussi bien dans les médias publics que dans les médias en ligne indépendants.
  • Médias publics critiques : BBC, ARD, NPO, France Télévisions critiquent régulièrement le gouvernement en place. Même dans les pays avec un score plus bas, c'est le cas (Italie, Espagne), mais la tendance à l'autocensure y est mesurable.
  • Protection des sources et des lanceurs d'alerte : Les sources journalistiques sont mieux protégées juridiquement ; les lanceurs d'alerte bénéficient dans certains pays de lois de protection spécifiques.
  • Recherche sur les thèmes de la migration est plus protégée. Si, en tant que migrant·e, tu rapportes par exemple à une journaliste ton expérience avec l'office des étrangers, tu risques moins de représailles dans un pays bien noté.

Dans les pays avec un score bas, tu expérimenteras plus fréquemment :

  • Marché concentré avec quelques grands groupes, souvent proches du gouvernement
  • Réticence des médias publics sur les sujets critiques
  • Diffamation poursuivie pénalement avec une haute barrière si tu critiques un fonctionnaire
  • Pression sur les ONG et les plateformes en ligne

Ce que le score ne montre pas — la face quotidienne

Mais : la liberté de la presse est une variable structurelle, pas un indicateur direct du quotidien. Trois aspects où l'expérience de vie diffère de ce que le score laisse supposer :

  • Internet reste ouvert. Dans les 27 États de l'UE, en tant que migrant·e, tu as accès aux sources d'information internationales. BBC, Al Jazeera, Le Monde, NYT, ta presse nationale — tout est accessible. Le score de RSF se réfère au système médiatique national, pas à ton smartphone.
  • La liberté d'expression personnelle est plus large que la liberté de la presse. Même dans les pays avec un score plus bas, tu peux faire des blagues politiques sur le gouvernement à la terrasse d'un café — le seuil de poursuite pénale pour le citoyen ordinaire est beaucoup plus élevé que pour les journalistes. Ce qui est restreint, ce sont les recherches systématiques, pas les conversations privées.
  • La liberté de réunion peut être restreinte différemment. Si tu veux participer à une manifestation Pride en Hongrie, tu rencontreras des obstacles bureaucratiques différents de ceux en Allemagne — mais cela a peu à voir avec la liberté de la presse, mais plutôt avec le droit de réunion et la police. Ces deux axes peuvent diverger.

Conséquences concrètes pour ton comportement

Trois points pratiques qui peuvent être pertinents pour toi en tant que migrant·e dans le pays concerné :

Ce que tu devrais lire

Dans chaque pays de destination, il est utile de :

  • Un journal quotidien central et de qualité avec une édition en ligne — El País ou El Mundo en Espagne, Süddeutsche ou FAZ en Allemagne, La Repubblica ou Corriere en Italie, Wyborcza en Pologne, Le Monde ou Libération en France
  • Un média public critique pour les émissions de fond — même si ton niveau de langue n'est pas encore suffisant, les sous-titres en streaming sont généralement disponibles
  • Un point de vue anglophone sur le pays — Politico Europe, EU Observer, Euractiv, The Guardian (pour une perspective britannique sur les pays de l'UE)
  • L'actualité locale pour ta ville — le journal du quartier de l'université ou les newsletters des ONG te disent souvent plus sur ton quartier que les médias nationaux

Ce que tu devrais faire avec parcimonie

Dans les pays avec un score plus bas de RSF (ou une liberté de réunion spécifiquement restreinte), il est judicieux d'être plus prudent·e dans les activités politiques qu'à Berlin ou Amsterdam :

  • Participation aux manifestations : d'abord s'informer si la réunion est enregistrée et quelles conséquences juridiques la participation peut avoir
  • Posts et images liés aux manifestations : dans certains pays, ces posts sont documentés ; dans certains cas, cela peut avoir des conséquences sur ton séjour (même si c'est rare et pas systématique)
  • Adhésion à un parti politique : généralement sans problème, mais lors du renouvellement du visa, cela peut être parfois demandé

Ces conseils ne sont pas un appel à l'autocensure. Ils sont un rappel que les droits civiques pour les ressortissants de pays tiers signifient quelque chose de différent dans chaque pays que pour les nationaux — et que les conséquences d'une action politique peuvent se situer dans la procédure de séjour.

Ce que tu ne devrais pas faire moins

Ce qui fonctionne dans chaque capitale de l'UE, indépendamment du score de RSF :

  • S'informer et exprimer ses opinions politiques en privé
  • S'organiser syndicalement (le droit de l'UE protège les droits des travailleurs indépendamment de l'indice RSF)
  • Discuter des conditions de salaire avec ses collègues
  • S'engager dans des ONG

Ce que l'histoire des dernières années enseigne

La liberté de la presse n'est pas une grandeur constante. La Pologne a connu un déclin marqué entre 2015 et 2023, la Hongrie depuis 2010, la Slovaquie a récemment une tendance à la baisse. En revanche, la Pologne a connu une augmentation mesurable depuis le changement de gouvernement en 2023, ce qui montre que les situations structurelles peuvent être inversées.

Si tu veux vivre 5 ou 10 ans dans un pays, tu devrais ne pas te contenter de la valeur actuelle, mais regarder la tendance. Sur les pages détaillées des pays de vamosa, tu trouveras le score de RSF sur les 5 à 10 dernières années, afin que tu voies les tendances, pas seulement des instantanés.


vamosa te montre le score RSF par pays avec une évolution sur plusieurs années. Ce qu'une ligne éditoriale spécifique de ton journal préféré te dit, tu ne peux le découvrir qu'en lisant toi-même. Nous ne donnons pas de conseils politiques — et aucune recommandation sur ce que tu devrais dire ou ne pas dire dans un pays concret. Sur les pages détaillées des pays, tu trouveras des indications sur les observatoires des médias et les centres de conseil pour la liberté de la presse.